Conférence : On ne naît pas franc-maçon, on le devient, et on y croit

C’est devant un public nombreux que Laurent Dehaffreingue, le jeune maître, et Claude Vautrin, son aîné, ont dialogué en parallèle de la sortie de leur livre « On ne naît pas franc-maçon, on le devient », livre issu du désir, du besoin de montrer ce qu’est la Franc Maçonnerie quand on la vit au quotidien, de montrer à quel point elle est vivante, confrontée au monde.

C’est ainsi que chacun des thèmes abordés dans ce livre fait l’objet d’une entrée en matière sociétale suivie d’un dialogue.

Le titre fait référence à Spinoza, dans «L’Éthique » : « on ne naît pas citoyen, on le devient », mais aussi au vers de Pindare : « Deviens ce que tu es quand tu l’auras appris », signifiant ainsi qu’être franc maçon c’est suivre un chemin vers soi, un chemin vers le monde.
Qu’est-ce donc que la franc-maçonnerie ? Pour nos conférenciers, ce sont d’abord des valeurs et la première d’entre elles : l’écoute. Écouter l’autre, apprendre par l’écoute grâce à une méthode, des « outils », se nourrir d’autrui et, petit à petit, se libérer de son impulsion et de ses préjugés.

Et c’est aussi par l’écoute que débute la transmission ; une transmission sans dogme, une instruction libérée de toute contrainte.
La franc-maçonnerie c’est aussi la fraternité, quelque peu mise à mal dans un monde profane de plus en plus égocentrique. Et qui dit fraternité dit solidarité, une « solidarité des libertés » pour reprendre les termes de Jean-Paul Sartre. Mais la vivre passe, de façon incontournable, par le respect de l’autre dans tout ce qu’il est, tout ce qu’il a vécu. Ce qui implique un regard au-delà des apparences, un regard en « 4 dimensions ».

En maçonnerie, la fraternité c’est un monde de bienveillance, de partage, d’accompagnement ; c’est un ciment qui procure l’apaisement. On s’y ressource pour rester ouvert sur le monde, dans son mouvement.

La méthode maçonnique est soutenue par des symboles ; et qu’est ce qu’un symbole si ce n’est un langage qui nous incite au travail de la pensée et, par là même, nous rend libre. Le symbole fait travailler chacun « individuellement dans le collectif pour le collectif ».
La franc-maçonnerie, ce sont aussi des vertus telles que l’humilité. Dans le monde actuel où il faut être une « star », l’humilité peut paraître laxisme, perte de dignité. Tout au contraire, pour écouter l’autre, l’humilité est nécessaire. De même racine que l’humus, sans lequel il n’y aurait pas de vie, humilité rime également avec humanité. L’humilité, c’est l’acceptation, l’affirmation de soi dans le respect de l’autre, qualité éminemment maçonnique : en franc-maçonnerie, nul enjeu de pouvoir.

Aucun dogme n’est transmis, il s’agit d’une aventure spirituelle, non religieuse, intime. Là est le secret. Chaque Tenue est une réunion de travail où des vécus sont partagés qui, au fil du temps, en faisant tomber les barrières des certitudes, aident à trouver en soi ce qui peut faire avancer.

Outre le plaisir de rencontres que l’on n’aurait pas faites dans le monde profane, rencontres liées par la fraternité, la franc maçonnerie est un véritable engagement qui ne s’arrête pas à la porte du Temple mais se doit de « continuer au dehors ».



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