Exposition : les voyages du Franc-Maçon

 L’exposition Les voyages du franc-maçon. Histoire & imaginaire s’inscrit dans la programmation des Imaginales 2017 et dans le cadre du tricentenaire de la fondation institutionnelle de la franc-maçonnerie. Le discours proposé pour évoquer cette forme particulière de sociabilité est le produit d’un double choix.

D’abord un choix sur les sources documentaires qui privilégie les archives et documents conservés dans les Vosges, par des institutions publiques ou des collectionneurs privés, exception faites des pièces prêtées par le Musée de la franc-maçonnerie. Ce parti pris donne mécaniquement davantage de poids à une obédience maçonnique particulière, le Grand Orient de France, parce qu’elle fut tout simplement la seule à avoir des loges dans le département jusqu’en 1933. Cette surreprésentation est amplifiée par l’atonie des loges jusqu’au renouveau des années 90. De facto, outre les questions de confidentialité, les archives produites par les nouveaux ateliers ne pouvaient que peiner à entrer dans le dispositif de l’exposition. Ce faisant, celle-ci s’ouvre et se ferme par ces thématiques historiques, la première centrée sur la période 1740-1840, l’autre sur la longue séquence républicaine des années 1860-1960.

L’autre choix qui a présidé à la conception des Voyages du franc-maçon est la volonté de présenter un aspect de l’imaginaire maçonnique. Certes, la franc-maçonnerie est marquée par une extrême diversité, dans le temps – entre élites aristocratiques de l’Ancien Régime et les instituteurs des années 1960 –, dans l’importance accordée ou non aux discussions politiques et sociétales, dans le rapport au pouvoir – vassalisé sous l’Empire napoléonien et révolutionnaire sous Napoléon III –, dans la place accordée aux femmes, dans les pratiques – entre des rituels profondément chrétiens et ceux au symbolisme le plus épuré et rationalisé. Il existe donc de multiples manières d’être franc-maçon, ce qui explique la floraison d’obédiences qui, pourtant, se réclament de la même tradition maçonnique. Toutes font référence à un socle symbolique et une méthode initiatique communes qui transcendent – ou, pour être plus exact, entend transcender – les différentes options philosophiques, politiques ou religieuses. C’est une partie de cette tradition et de cette démarche qui est proposée au public avec un focus sur la loge, lieu où se forge la conscience maçonnique, et sur les cinq voyages du compagnon, une déambulation symbolique autant personnelle qu’universelle.

Alexandre Laumond
Commissaire de l’exposition

 

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