Glorification poétique du corps

La fraternité des mots

Richard Rognet et Jacques Viallebesset

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Placez deux poètes reconnus face à face pour « glorifier le corps ». Tel était le propos du premier rendez-vous des Imaginales Maçonniques et Esotériques 2016. Animée par Claude Vautrin, journaliste et écrivain, la rencontre, dans les décors symboliques du temple d‘Epinal, a salué à la fois l’altérité, la beauté (des mots), la vitalité liée à ces derniers. Poème, peau-ème, peau-aime ! Richard Rognet, l’un des poètes fétiches de la maison Gallimard, et Jacques Viallebesset qui sait parfaitement utiliser les ressorts de l’imaginaire, ont partagé une vision forcément différente, – et c’est heureux – car nourrie d’expériences, intimes ou plus globales. La rencontre du Transi de René de Chalon (Ligier-Richier), instant fondateur pour le premier ; le corps-esprit pour l’auteur du Ce qui est épars : confidences et réflexions ont jalonné l’entretien, porteur de nombreux questionnements. Le passage à l’écriture poétique est-il le moyen d’exprimer un désir de réunion entre le sujet et son passé, par le biais de la mémoire et des souvenirs ? Le rapport entre le sujet, le corps et le poème établit-il une relation triangulaire de nature à la fois fusionnelle et conflictuelle ? Devant un public attentif, les deux poètes se sont ouverts à ces questionnements, rappelant de concert le caractère intemporel de l’écriture poétique. De quoi mieux en saisir les ressorts, donc les énergies liées à cette dernière, le corps – sa glorification – s’inscrivant avant tout universellement pour le poète dans le cosmos, et dans une sorte de permanence éclairée. Avec pour premier moteur la fraternité des mots.

Richard Rognet vient de publier à la NRF dans la collection poésie/Gallimard Elégies pour le temps de vivre suivi de Dans les méandres des saisons et d’Elle était là quand on rentrait.

Jacques Viallebesset : Ce qui est épars aux éditions Le Nouvel Athanor

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