Le voyage ou la quête de soi.

Laurence Vanin, notre conférencière, établi un rapport de similitude entre le déplacement dans l’espace qui nous mène d’un lieu à l’autre et la réflexion que nous exerçons par la pensée. Dans les deux situations il est légitime de parler de voyage.
Le voyage est une épreuve qui n’est pas donné à tous d’entreprendre avec réussite. Les capacités physiques du marcheur régleront la distance qu’il parcourra.

Penser indépendamment des qualités intellectuelles mobilisées révèle des attitudes, des états, des aptitudes qui découvrent l’humain.

Si le discours se développe bien dans l’étendue de l’espace et sur l’échelle du temps c’est de l’intérieur qu’il émerge au terme d’une confrontation du locuteur avec lui-même : réflexion, méditation, ascèse, autant de mots qui rendent compte du nécessaire voyage qui s’impose à celui qui veut ou qui doit être entendu.

Notre conférencière évoque Zoroastre qui conduit un peuple d’hommes et de femmes qui ne l’entendent pas occupés qu’ils sont à leurs affaires, pris lui-même par la nécessité de traiter le plus urgent.

Ne peut être entendu que celui qui est en état de formuler, de trouver en soi la vérité qui s’impose, de faire le voyage en soi.
C’est sur les cimes, loin du monde que l’homme trouvera la paix qui fera de lui un guide, un prophète, un philosophe que l’on entendra.

D’abord monter sur la montagne, produire l’effort qui l’extrait de la masse de ses semblables , fuir les erreurs, les préjuges, les faux semblants qui enchaînent même les plus lucides , se débarrasser des mensonges, des passions, des sentiments qui égard même les plus tempérés .Se dresser enfin , seul, face à l’immensité et à soi même, délesté du poids de son histoire et sourd aux bruit des hommes .

La question est posée : à vouloir tout donner ne risque t-on pas de tout perdre ? Remarquons que suivant la métaphore emprunté à la montagne ,c’est en s’élevant vers les hauteurs que l’on descend au plus profond de soi, le même sens est donné dans d’autres corpus à cette affirmation en invoquant la descente au centre de la terre.
Chaque fois , il s’agit bien de dépasser l’humain à travers une quête de soi comme la conférencière s’attachera à le montrer en appelant Nietzsche à témoigner.

Pour finir c’est à construire sa forteresse intérieure, à édifier le rempart de nos représentations contre le monde hostile plein de la Volonté qui avance, gonfle et écrase qu’ invite ceux qui voudront bien le suivre, Schoppenhauer .
Le monde reste à ré enchanter.

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