Frédéric VINCENT

photo_fvFrédéric Vincent est psychanalyste, docteur en sociologie, chercheur au CeaQ (Centre d’Etudes sur l’Actuel et le Quotidien) à l’Université Paris V René Descartes et secrétaire général de l’association des psychanalystes européens (APE).Dans la continuité des penseurs du cercle Eranos (Jung, Eliade, Durand), ses recherches tentent de décrire un panorama des rêveries initiatiques qui inondent nos sociétés contemporaines. Star Wars, Avatar, Lord of the ring, Harry Potter, World of Warcraft sont autant de productions imaginaires qui démontrent la perdurance des mythes, des symboles, des rites magico-religieux et autres images sacrées malgré la volonté iconoclaste et démythisante de nos institutions surplombantes, héritières de l’idéologie prométhéenne.

Bibliographie :

« Imaginaire et psychanalyse des légendes maçonniques (Auteurs : Frédéric VINCENT, Jean-Luc MAXENCE) Dervy, 2015

Prix Cadet-Roussel 2016

Imaginaire et psychanalyse des legendes maconniquesLes rituels maçonniques, et ils sont nombreux, regorgent de motifs mythiques profonds dans ce qu’il est coutume de nommer « légendes maçonniques ».

Les auteurs ont choisi pour leur étude les rituels les plus contemporains issus du rite écossais ancien et accepté, du rite français, du rite écossais rectifié et du rite ancien et primitif de Memphis-Misraïm.

Leur étude, loin d’être exhaustive, tente de repérer et de décrypter les motifs mythiques de ces rituels qui leur apparaissent les plus pertinents à partir de deux approches méthodologiques : la psychologie analytique de Carl G. Jung et la mythanalyse de Gilbert Durand. Ainsi, les légendes maçonniques doivent donc être comprises comme des outils psycho-sociaux indispensables qui rendent possible toute résolution de conflits ou de problématiques existentiels. Il s’agit pour le maçon d’aller au-delà d’une rationalisation stérile des légendes maçonniques afin d’accéder à une « véritable prescience du fonctionnement psychique » qui nous dit l’attitude à adopter face aux maux les plus terribles.

Hiram est la figure mythologique centrale des rituels maçonniques et révèle l’exemplarité devant la mort (résolution psychique) mais aussi devant la fourberie des trois mauvais compagnons (résolution sociale).

Les légendes maçonniques exploitent donc de nombreux mythèmes qui offrent un panorama des postures psycho-sociales les plus en adéquation avec l’ensemble des problématiques humaines.

L’homme incomplet jeté dans l’absurdité et la contingence trouve sa raison d’être dans la beauté des mythes et se régénère en permanence à la mesure de leur réactualisation dans les différentes phases de l’histoire de l’humanité.

« Le réenchantement initiatique monde », Detrad, 2014

reenchantement_initiatiqueFace au désenchantement de notre société occidentale impulsé par une bureaucratisation excessive des règles de vie, par une rationalisation abusive des rapports économiques et par une déspiritualisation profonde des relations humaines, il semble aujourd’hui crucial de renouer avec des valeurs authentiques et d’accompagner l’émergence possible d’une nouvelle ère où l’initiation, les mythes, les rites et les symboles pourraient enfin retrouver leur position sociale d’origine, celle qui se situe précisément au centre de la vie des hommes.

Il faut en finir avec l’hégémonie de la raison instrumentale, la folie du tout économique, l’obsession de la quantification et mettre un point final au modèle prométhéen afin de mieux soutenir les gestes individuels et collectifs qui se dessinent ici et là dans la vie quotidienne qu’il s’agisse de l’engouement manifeste pour le tatouage, la scarification ou le piercing, de l’intérêt porté aux pratiques extrêmes (saut à l’élastique, funambulisme, escalade), du plaisir retrouvé avec la nature (randonnée pédestre, course d’orientation) ou bien de la réactualisation des thèmes initiatiques à travers les succès d’Harry Potter, de Star Wars, d’Avatar ou encore du Seigneur des anneaux.

Tous ces gestes, aussi inconscients soient-ils, révèlent bel et bien la présence d’un nouvel imaginaire social qui fait vibrer en nous les symboles et les mythes fondateurs de l’humanité et qui sonne comme un réenchantement initiatique du monde.

« Le voyage initiatique du corps », Detrad, 2009

Le-voyage-initiatique-du-corpsLe monde occidental et moderne s’est toujours méfié de ce qui rapproche l’homme de son animalité, de sa « part du diable», de ses instincts. De ce fait, la modernité a toujours favorisé le progrès moral et rationnel au détriment d’une place légitime pour le corps. Sa logique l’a ainsi conduit à enfermer, à contrôler les corps individuels.

La suprématie de la raison semble pourtant s’estomper : le corps reprend ses droits au même titre que l’émotionnel ou l’imaginaire. Prométhée s’enlise pendant que Dionysos revitalise le monde. L’homme redécouvre son corps comme objet de consommation, de consolation ou encore de consumation. De plus, l’époque n’est pas avare en évènements rappelant le besoin de reliance corporelle.

Mais en réalité, que savons-nous concrètement du corps ? Quel rôle joue-t-il dans une société initiatique ? Pourquoi a-t-on toujours privilégié la raison au corps ?

La Franc-maçonnerie est une des rares institutions qui proposent de vivre une démarche initiatique proche de celle des sociétés primitives. Le but de cette démarche est, entre autre, d’offrir à l’initié des outils permettant une meilleure connaissance du corps. Ainsi, le Franc-maçon apprend à « tailler sa pierre», c’est-à-dire à entrevoir les potentialités de son être corporel : le corps comme moyen de se créer plus libre.

« Les symboles maçonniques: à quoi ça sert », Dervy, 2013

symboles_maconniquesNombreux sont les ouvrages faisant l’inventaire des interprétations les plus courantes et les plus traditionnelles des symboles. Malheureusement, peu d’entre eux se livrent à une explication a claire et distincte » du rôle que jouent les symboles dans l’existence des hommes, donnant ainsi une vision quelque peu abstraite et confuse du langage symbolique. Le travail à la fois érudit et didactique de Frédéric Vincent vient combler ce manque. Non seulement cet ouvrage rappelle que les symboles font partie intégrante de l’ensemble de la vie sociale, mais il resitue également l’intérêt de la démarche maçonnique par rapport à une société moderne qui s’est voulue jusqu’ici iconoclaste et progressiste. Attentif aux différentes ambiances quotidiennes de notre époque, Frédéric Vincent signe ici un ouvrage éclairant et fort utile pour les initiés qui désirent mieux comprendre l’univers des symboles, un univers qui peut parfois paraître obscur et indigeste pour des esprits cartésiens.